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jeudi, 01 avril 2010

Quelle prospective pour l'édition en 2020 ?

L'industrie de l'édition est sous le choc du gratuit, puisque dorénavant les consommateurs sont habitués à pouvoir consulter du contenu éditorial gratuitement sur internet ou bénéficier d'un journal gratuit à la sortie du métro. Sur fond de crise, les consommateurs sont donc habitués à ne plus payer. Aujourd'hui tous les modèles économiques des maisons d'édition ou groupes de presse sont remis en cause, et il y a une tendance à compresser les coûts et surtout à retrouver un équilibre entre ce qui est encore du ressort de l'édition papier et ce qui est « on line ». La difficulté, c'est que les nombreuses expériences pour faire payer aux consommateurs les contenus éditoriaux sur le web sont encore assez peu concluants. D'un côté les grands groupes se retrouvent avec de l'édition papier qui n'est pas rentable et qui s'effrite, alors que les médias numériques se développement, mais avec peu de consommateurs qui acceptent de payer.

En 2010, l'arrivée des liseuses, c'est-à-dire des e-books et de manière générale tous les lecteurs multimédias embarquant du multimédia (ex. ipad d'apple) va reposer la question du modèle économique des médias numériques. Est-ce qu'un possesseur d'un e-book Sony va accepter de payer pour lire un magazine ou un ouvrage ? On trouve la même problématique dans le milieu de la musique, de la photo ou des films, car la redistribution des rôles n'est pas encore stabilisée entre les auteurs, les producteurs, les diffuseurs, etc avec comme challenger les médias numériques.

En parallèle, on voit la tentative de Google de scanner une grande partie des ouvrages de la planète pour ensuite les mettre à disposition gratuitement. Une sorte d'immense bibliothèque d'Alexandrie, mais accessible à tous. On assiste donc à une bataille entre les fournisseurs de contenus (les éditeurs) et les providers technologiques (ex : Google, mais cela peut concerner d'autres plate formes), et personne ne sait qui va remporter la mise.

La seule certitude, c'est que l'on sera dans un monde avec un contenu informationnel exponentiel, mais on ne sait pas comment les rôles seront répartis. Ainsi côté presse, on constate que le rôle des rédactions est en train de changer, sous la pression de la course à la baisse des coûts. Les premiers touchés sont les pigistes qui sont les premiers sacrifiés. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard, si de nombreux médias font appel à des lecteurs pour produire du contenu rédactionnel...gratuitement ! Cette tendance au recours à des rédacteurs non professionnels n'est pas prêt de s'arrêter car il s'agit d'un deal gagnant où certaines personnes trouvent leur compte à écrire gratuitement, histoire d'entretenir leur réputation. Ensuite, rien n'empêche à ces « amateurs » de passer un jour dans la catégorie pro.

En 2010, nous sommes encore à un carrefour, une période de mutation.

Technologiquement l'arrivée de liseuses n'est qu'une étape dans la dématérialisation des supports, car prochainement seront disponibles les supports de type « encre liquide », c'est-à-dire les feuilles de plastique vierges qui peuvent faire apparaitre à la demande du contenu éditorial : articles, publicités, ouvrages, etc Il sera possible d'avoir le même confort de lecture sur une feuille de plastique à encre liquide que sur un bouquin. Ensuite viendra la révolution de la réalité augmentée qui permettra à chacun de faire apparaitre en simultané et sur plusieurs feuilles de calques virtuelles de informations diversifiées. Donc nous sommes en train d'inventer de nouveaux supports d'édition, et à ce jour la révolution dépendra des usages par les consommateurs que nous sommes. Qui va adopter tel ou tel support ? A ce jour, personne ne le sait, car l'adoption des usages innovants dépend de facteurs humains irrationnels. Et puis, il y aura aussi la stratégie d'achat des consommateurs qui va évoluer selon la crise (vont-ils continuer à acheter des produits culturels, en cas de paupérisation ?).

En tout état de cause tous les acteurs du secteur de l'édition, sont condamnés à innover, même s'ils n'ont encore aucune visibilité. Une première grille d'analyse, c'est un positionnement soit sur le haut de gamme (ou les produits pointus) ou un positionnement plus basique.

A ce jour très peu d'éditeurs ont vraiment de modèle miracle pour réussir la révolution digitale, et tous sont en version béta permanente. Le suspense devrait continuer encore dans les 5 ans à venir !

 

 

 

 

dimanche, 29 novembre 2009

L'ancien modèle économique de l'édition peut-il tenir encore 5 ans, 10 ans, 15 ans ???

Dans le cadre du groupe Chasseurs de tendances de Linkedin , un nouveau sous-groupe a été dédié aux nouvelles tendances, mutations en cours concernant les pratiques de lecture, l'édition et le marché du livre au 21éme siècle ! http://www.linkedin.com/groups?home=&gid=2535454&...

Le journal papier [et l'édition en général] a du souci à se faire... dans pas longtemps ! 5 ans ? Cela concerne les journalistes, les éditeurs, les graphistes, les imprimeurs, les Chef de projets, DA de Presse, les auteurs d'ouvrages ou de scénarios, les providers d'iconographie, les libraires, agences de com et de manière générale tous les acteurs de l'éco système de la chaine du print. Une nouvelle aventure prospective sur l'édition digitale/numérique se dessine à l'horizon, même si l'on constate une forte inertie de certains acteurs qui tentent d'amortir un ancien modèle qui est maintenant arrivé à maturité. Visiblement, nous sommes à l'aube d'un nouveau paradigme.

Déjà les changements qui vont s'opérer sur les objets qui nous entourent et qui pourront - bientôt communiquer avec nous et ... même entre eux, font que nous expérimentons en direct ces nouvelles mutations. Ainsi votre e-book va communiquer peut être avec d'autres e-books de lecteurs nomades dans les transports communs ou être relié à une méga base de données ?

Les pays, plus réactifs [États-Unis, Japon] ont lancé leurs propres projets. Des nouveaux médias hybrides de livre ou journal électronique souple ou non, avec une encre spécifique, des vidéos et une approche tactile [voire ludique], comprenant de la reconnaissance vocale et d'écriture, le tout connecté sur la toile, donc actualisable.

Qui va remporter la mise : le Kindle, le lecteur de Sony, l'iphone (avec déjà des magazines téléchargeables sur itunes) ou bien le prochain prototype à encre liquide ? On ne le sait pas encore !

D'autre-part, la multiplicité des infos, allant de la sphère privée, au blog politique ou militant, ne va-t-elle pas changer complètement la notion même du "journal" et de la Presse en général ? Le journalisme citoyen est ainsi devenu un média à part entière. Chacun devient auteur grâce à son blog dans lequel il peut publier librement et gratuitement. Il peut même mettre en téléchargement des ouvrages électroniques pour zéro euro. On est dans l'ère du « crowd writing » !

Tout ce que l'on peut imaginer « sérieusement » est réalisable, quand on se base sur des connaissances tangibles. À nous de savoir extrapoler intelligemment à partir de ces connaissances pour créer l'inédit. Il faut aussi tenir compte de la capacité de l'humain à intégrer de nouveaux comportements, mais cela relève des sciences humaines et plus difficilement prévisible...

Le combat n'est pas évident car souvent les médias traditionnels ne véhiculent qu'une soupe informationnelle simpliste, reposant sur le clonage et la pensée consensuelle. Allons-nous continuer ainsi ou demander à choisir son info en fonction de sa personnalité et d'assumer ce choix. Allons-nous faire preuve d'esprit critique, de discernement, de recul dans notre consommation d'infos ?

On n'a jamais été aussi riche de multiplicité d'information, mais on n'a aussi jamais été aussi peu sûr de l'info. Certains diront que peu importe, « vraie ou fausse », c'est de toute façon une matière pour l'esprit. À nous d'en faire quelque chose qui nous grandisse ! Toutefois méfions nous de l'information toxique !

Nous entamons une véritable révolution numérique et les majors goups vont devoir amorcer à l'insu de leur plein gré une vraie rupture. Aujourd'hui on peut envisager que chaque entreprise puisse éditer son contenu éditorial multimédia et diffuser ses infos par le biais de nouveaux médias green friendship.

Côté des humains, il faudra aussi voir si la slow attitude gagne du terrain, dans l'entreprise ou dans nos usages. Retrouver du plaisir à la tâche, dans nos activités. Le "slow working" ne va-t-il pas aussi entrer par la grande porte dans nos entreprises stressées et déshumanisées!? [11min pour bouffer pour un travailleur à la chaîne, en France]. Ensuite bientôt le « slow reading » et le « slow thinking » ? Chacun de nous va-t-il être un acteur de la chaîne de l'info ou un spectateur hébété du monde ?

Ce groupe vise à fédérer celles et ceux qui de près ou de loin se rattachent à la galaxie du print, dans un esprit d'intermédiation et de mutualisation autour de la veille et de l'élaboration de projets innovants [en particulier dans le secteur de l'édition].