lundi, 22 juin 2009

Facebook m’a tué... un futur enjeu quasi technologique à surveiller

 

scenc crime fb..jpgFacebook m’a tué

L’esprit libertaire du 2.0 c’est, vu de loin, une culture du partage de l’information et des flux ; une petite ambiance « peace and love » version high tech, une douce euphorie où le monde semble illimité. Toutefois, à l’insu de notre plein gré, nous émettons plus de signaux que nous le pensons. Géolocalisation, caméras urbaines, puces RFID, téléphones portables, adresses IP, terminaux de paiements, cartes d’accès à des locaux, badges pour aller dans les transports ou une exposition, péages d’autoroutes, cartes de santé, bornes wifi, etc. Nous sommes tous mémorisés sans le savoir, et malheureusement rien à voir avec Matrix ou Minority Report car cela se passe en 2009 : le meilleur des films de science fiction se réalise en ce moment. D’ailleurs de façon étrange nous sommes horrifiés par ce qui se passer dans des films qui se passent dans le futur, mais sommes indifférents si les mêmes scènes se passent dans nos vies quotidiennes. Incroyable ???

Aujourd’hui les infos, sur vous, sont stockées quelque part sur des machines plus ou moins intelligentes, plus ou moins communicantes (certaines parlent de machine à machine, MTM), mais elles n’oublient pas rien. Elles ne sont pas amnésiques, même si la CNIL se bat pour limiter la conversation des données…

Dans ce monde 2.0 euphorisant, où tout semble gratuit et la vie très fluide, la question est de savoir par qui et comment, ces données vont être gérées, quels usages seront réalisés à partir de votre profil, quelles interconnexions de fichiers seront réalisées avec d’autres opérateurs, quel pouvoir sera exercé sur le contrôle de nos e-vies.

En étant présent sur le net, des fragments de notre personnalité circulent dans des espaces virtuels. Dans certains cas, pour des utilisateurs avancés ou addictifs, cela peut aller jusqu’à générer une personnalité bis spécifique aux environnements digitaux, comme une deuxième maison.

Aujourd’hui le contrôle est exercé soit par des fournisseurs de tuyaux, de services ou de machines. Certes, dans certains pays les Etats Léviathan exercent un méta-contrôle (ce n’est pas spécifiquement la Chine, mais cela peut se dérouler aussi en Europe… pas de nom !!!). Ils exercent leur pouvoir sans être contrôlés et édictent leurs lois internes selon leur bon vouloir. Lorsqu’en tant que simple utilisateur vous vous retrouvez face à ces fournisseurs, vous renouez avec une relation parent/enfant sans aucun droit à la parole. De pures relations de pouvoir infantilisantes. Alors que l’on peut dire que les réseaux sociaux constituent un nouveau continent apparu en très peu de temps, de façon étrange les règles du jeu sont édictées de façon asymétrique par ces fournisseurs, sans possibilité de recours. L’enjeu est de taille quand il s’agit d’un continent à part entière !!!

Non, dans le 2.0 vous n’êtes pas chez les bisounours. Ainsi dans les réseaux sociaux ou d’autres plate-formes collaboratives vous dépendez de l’arbitraire d’administrateurs qui évaluent selon des critères mystèrieux pourquoi vous devez être effacé, suspendu totalement ou partiellement. On vous efface de façon aussi arbitraire injuste que dans l’Union soviétique des années 70. Certes tout cela se fait de façon discrète, car quand vous êtes effacé et que vous n’existez pas, comment organiser une protestation ? Le phénomène est diffus et quasi invisible à l’œil nu. On efface par petites touches délicates, donc moins bruyant que les méthodes de Staline.

Ces big Brother des réseaux à qui nous confions nos images, musiques, emails, conversations, informations intimes, films, idées, adresses, émotions… sont-ils vraiment dignes de confiance pour être les dépositaires de ces valeurs si précieuses?

S’il faut bien entendu faire attention a ce que nous mettons en ligne ou aux traces que nous laissons sur internet, la vraie question est celle de la gouvernance de ces opérateurs qui ont un droit de vie ou de mort sur vos vies digitales, votre réputation, vos données.

Et si le vrai danger, ce n’était pas les hackers, pirates digitaux ou copieurs, mais ceux qui contrôlent les machines où résident une partie de notre vie. Après avoir vécu le meilleur de l’internet, nous allons découvrir dorénavant de façon silencieuse le côté obscur.

Imaginez, vous vous réveillez un matin et vous découvrez que Facebook a effacé vos données accumulées ces deux dernières années : photos, souvenirs, messages, contacts, groupes, etc

Who is the next ??? Il est temps d’organiser des contre pouvoirs, de mettre en place de nouveaux systèmes de gouvernance, dès maintenant.

 

René Duringer

Trend-Spotter

www.smartfutur.fr

 

Commentaires

ainsi, en commentant sur votre blogue, je laisse une trace....

Il y a toujours un côté du mur à l'ombre.
Mais la vie étant faite de risques et d'expériences, il faut compter sur la loi du balancier pour ramener les excès à leur juste mesure.

Écrit par : diane massicotte | mardi, 23 juin 2009

bonjour René, FB a tué un des relais de votre présence virtuelle... comme nous l'avions déjà évoqué à l'époque, il faudrait effectivement retrouver la dynamique auto-gérée des espaces communautaires et se méfier des FB, twitter et autres plateformes qui proposent un espace de partage. certains espaces comme ce blog fournissent peut-être plus de liberté d'expression mais cette liberté reste relative. à quand des espaces où les utilisateurs eux-mêmes définissent les règles d'échange?

Écrit par : arno | mardi, 23 juin 2009

cela m'inspire une présentation que j'intitulerai de manière un peu provocatrice "Web 2.0 is a myth"

Écrit par : arno | mardi, 23 juin 2009

Effectivement, méfions-nous de ceux qui stockent toutes ces données sur nos vies perso et pro. Une autre question me vient à l'esprit : que deviennent nos e-identités une fois que nous disparaissons ? Qui se charge de "nettoyer" les réseaux sociaux ? Ne doit-on pas envisager une forme de mémorial 2.0 pour éviter que l'on "poke" sur Facebook des gens qui ne sont plus de ce monde ?

Ou peut-être que c'est ça la vie éternelle : voir son (ses) identité(s) numérique(s) nous survivre...

Écrit par : Nico | mardi, 23 juin 2009

les identités nous survivent peut-être en "back-office", quelque part dans des baies qui hébergent les données :-) un profil détruit n'est plus visible

j'ai aussi eu le cas d'une personne réellement décédée et dont le profil continuait de recevoir des messages jusqu'au jour où un proche a annoncé la triste nouvelle... réaction? une frange non négligeable d'amis (probablement éloignés dans la vie réelle) ne voulait pas y croire. c'est un phénomène intéressant... fruit d'une scission entre le réel et le virtuel dès lors que le réseau repose uniquement sur le virtuel? traduction d'une mémoire collective virtuelle?

Écrit par : arno | mardi, 23 juin 2009

Cher René, comme je m'étonnais de ne pas voir tes habituelles livraisons de news tendance sur FB, j'ai voulu aller sur ta page, et découvert que je ne t'avais plus dans mes contacts! Après un moment de parano (m'aurait-il bloqué, mais pourquoi, hein pourquoi?) j'ai eu l'idée d'aller sur ton blog et lu ton texte sur facebook.
Incroyable...
A l'heure où facebook regorge de groupes fascistes, racistes, débiles, un contributeur aussi intéressant que toi est interdit de facebook...
Sur quels critères en effet? Il semble que FB bloque des personnes soit sur critères quantitatifs (trop de messages envoyés), soit sur signalement, sans vérification des raisons invoquées.

Je vais envoyer un message à l'équipe, FB mettre un mot sur ma page, en espérant que tu reviendras vite parmi nous.
Ta FB friend
Corine

Écrit par : corine | mardi, 23 juin 2009

moi aussi j'ai trouvé votre absence étrange et je me suis posé ces questions,
ravie de vous avoir retrouvé et consternée de ce que je viens de lire!
à bientôt
béatrice

Écrit par : beatrice mirrione | mercredi, 24 juin 2009

On disparaît dans le silence de leur avertissement par mail et la suppression abrupte.

Je ne comprends pas comment peuvent-ils gérer d'un côté de main de maître la moindre fonction et sa programmation et de l'autre ne pas être en mesure prendre la peine de s'informer sur la qualité d'un membre comme vous !

Vraiment affligeant !

Tout à l'heure, je viens de rejoindre les rangs de bannis de Facebook.... Je suis "ravie" : des dizaines de contacts professionnels qui n'ont même pas été avertis que demain ils ne me verront pas en ligne... Joli, hein ? Je ne sais vraiment pas comment avez-vous fait pour garder votre calme en ayant perdu des centaines de contacts !!!

Écrit par : Eva | lundi, 06 juillet 2009

Facebook ou le marketing de soi, pour ceux qui croient pouvoir maîtriser quoi que ce soit dans cette e-gaïa (sympa l'expression !). Comme la cigarette ou l'alcool, le mieux serait finalement de ne pas y toucher, mais enfin il faut bien mourir de quelque chose...

Écrit par : Nicolas | vendredi, 17 juillet 2009

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